mercredi 19 avril 2017

Promenades dans la Barcelone de L’ombre du vent (Sabine Burger, Nelleke Geel, Alexander Schwarz avec la collaboration de Carlos Ruiz Zafón)

Sabine Burger, Nelleke Geel, Alexander Schwarz avec la collaboration de Carlos Ruiz Zafón. – Promenades dans la Barcelone de L’ombre du vent. – Paris : Grasset, 2007. – 104 pages.
ISBN 978-2-246-86193-5

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Résumé : Petit guide de Barcelone qui invite le lecteur-voyageur à explorer, en compagnie de Carlos Ruiz Zafón, l’univers et les lieux évoqués dans L’Ombre du vent. On y retrouve des extraits du roman, des photos, des détails historiques ou touristiques ainsi que les commentaires de l’auteur nous font découvrir ou retrouver certains quartiers de cette ville magique, notamment le Barri Gòtic, véritable labyrinthe, mais aussi l’avenue du Tibidabo où vivent les Aldaya, le Carrer de Santa Anna, chez Daniel Sempere… Une flânerie littéraire qui prolonge le plaisir de la lecture du magnifique roman de Zafón si vous êtes à la recherche du Cimetière des livres oubliés !

Commentaires : Barcelone est une ville que j’aime. J’y ai séjourné près d’une vingtaine de fois et je suis toit à fait d’accord avec Carlos Ruiz Zafón : « Ma Barcelone est enchanteresse, vaniteuse, belle et dangereuse, elle essayera de vous séduire, de vous dérober votre âme, dès que vous vous y aventurerez. Méfiez-vous d’elle ! » Ce guide « touristique » m’a rappelé certains lieux mythique de différents quartiers que j’ai fréquenté et m’en a fait connaître quelques autres en me donnant le goût de les découvrir. Deux cartes permettent de localiser facilement les sites qui y sont décrits.

Si vous séjournez une semaine ou deux à Barcelone, programmez votre visite à l’aide de ce petit guide. Vous serez conquis par la capitale catalane dont la richesse architecturale et la vie quotidienne et trépidante de ses habitants en font un incontournable européen.

Ce que j’ai aimé : L’insertion d’extraits du roman accolés aux descriptions actuelles des lieux. Les commentaires de Zafón. Les tons de gris des illustrations qui contribuent à entretenir le mystère. Les détails historiques et touristiques.

Ce que j’ai moins aimé : –


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Le Chercheur d'âme (Steve Laflamme)

Steve Laflamme. – Le Chercheur d’âme. – Montréal : Éditions de l’Homme, 2017. – 457 pages.
ISBN 978-2-7619-4867-8

Polar







Résumé : Les victimes d’un tueur en série sont retrouvées sans visage dans différentes villes du Québec. Le meurtrier, surnommé le « Chercheur d’âme », laisse sur le corps de chaque femme un message énigmatique : sous forme d’un tatouage et un autre dans une pochette de vinyle à l’intention des policiers de l'Unité des crimes majeurs de la Sûreté du Québec. L’enquête est menée dans l’univers des programmes de lutte par le sergent-détective Xavier Martel, un policier nouvellement arrivé à Québec aux prises avec ses propres démons intérieurs. Victime de violence dans son enfance, Martel se donne comme mission personnelle de faire cesser le carnage tout en assouvissant son propre désir de vengeance, car « à force de lui faire montrer les dents, la colère transforme l'homme en animal... ».

Commentaires : Ce premier roman du Québécois Steve Lafamme peut définitivement être qualifié à la fois de polar et de roman noir. Une fiction qui vous accroche dès les premières phrases du premier chapitre et qui vous tient en haleine jusqu’au point final. Préparez-vous à frissonner avec la description du premier meurtre qui donne le ton. Dans un style littéraire à la fois cru et parsemé d’un humour corrosif, l’auteur nous plonge progressivement dans la psychologie d’un psychopathe marqué par ses caractéristiques physiques et la violence qu’il traîne depuis sa naissance. Attendez-vous à des rebondissements qui vous inciteront à poursuivre la lecture jusqu’au dernier couvert.

Ce roman est très documenté, tant dans les aspects « cliniques » qui entourent chacun des meurtres que dans l’univers particulier des lutteurs professionnels autour desquels est construite l’énigme du « Chercheur d’âme ». Un univers glauque qui amène Xavier Martel à côtoyer inconsciemment les protagonistes de ce scénario macabre.

Une autre qualité de ce polar : rien n’est laissé en plan lorsqu’à la toute fin on débouche sur les remerciements de l’auteur.

Si vous aimez les fictions noires bien ficelées et très crédibles, vous serez, comme moi, comblés. Vivement un deuxième roman pour ce jeune auteur des plus prometteurs. Et pourquoi pas, à quand une adaptation du « Chercheur d’âme » pour le grand écran ou une minisérie télé ?

Ce que j’ai aimé : L’originalité de l’histoire. La qualité littéraire – on s’y attendait de la part d’un professeur de littérature – et l’humour grinçant du policier enquêteur. La structure d’ensemble du récit. Le rythme et la progression de l’histoire. Le profil psychologique original du tueur.

Ce que j’ai moins aimé : –

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lundi 10 avril 2017

Les petites misères - Richard Ste-Marie

Richard Ste-Marie – Les petites misères. – Québec : Éditions Mémoire Vive, 2004. – 195 p.

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Résumé : Textes d’émissions de radio diffusées à CKRL (Québec), Les petites misères au cours desquelles Richard Ste-Marie s’était donné de « faire voir que pour comprendre ce monde dans lequel nous visons, il faut accepter qu’il est lui-même incohérent et n’a de sens que celui qu’on y apporte soi-même.»

Commentaires : Pourquoi commenter un ouvrage publié il y a 13 ans, me direz-vous ? D’abord parce qu’il m’a permis de rencontrer pour la première fois Richard Ste-Marie dans une conférence présentée en 2016, à la bibliothèque Monique Corriveau de Québec. Un auteur de polars que je connaissais; un artiste dans tous les sens du terme et un humaniste que j’ai découvert. Mais aussi à cause du plaisir que j'ai eu à sa lecture.

Les petites misères regroupe une variété de sujets à partir desquels l’auteur dit « ce qu’il sait » et « ce qu’il pense » en partant du principe que comme le disait Pierre Bourgault, « Il faut dire ce qu’on pense, ça aide les autres à penser ».

Même si elles datent de près d’une quinzaine d’années, ces réflexions sur l’évolution du monde dans lequel on vit sont toujours d’actualité. Une trentaine de courts textes qui nous amènent à nous interroger sur la censure, une grève générale de l’art, les valeurs, le statut de l’artiste, le « montréalisme », l’écriture, la foi… et j’en passe.

À lire et à relire pour constater que dans notre quotidien, il n’y a pas vraiment rien de nouveau sous le soleil.

Ce que j’ai aimé : La générosité de l’auteur et son sens de l’humour.  

Ce que j’ai moins aimé : -


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mercredi 5 avril 2017

Automne rouge (André-Philippe Côté et Richard Vallerand)

André-Philippe Côté et Richard Vallerand – Automne rouge. – Montréal : Les Éditions de la Pastèque, 2017. – 102 p.

etc. Bande dessinée







Résumé : Québec, octobre 1970. Laurent Lessard doit présenter un travail scolaire dans lequel il doit inventer un héros québécois. Dans son quotidien, sa mère Aline, syndicaliste engagée dans un conflit de travail, sa tante Marie, serveuse dans un bar aux prises avec des problèmes de drogue, monsieur Lebrun, son père de substitution, un homme effacé et discret, et Jason, un jeune Huron en colère. Dans un décor de Crise d’octobre, de radio poubelle et d’intimidation à l’école, Laurent découvrira finalement son véritable héros.

Commentaires : Cette bande dessinée « historique » nous replonge dans le contexte des événements marquants ancrés dans l'imaginaire québécois : les coups d’éclat du Front de libération du Québec (FLQ), l'enlèvement du diplomate britannique James Richard Cross et l'assassinat du ministre libéral Pierre Laporte... 

J’ai bien aimé ce récit qui met en vedette des gens ordinaires qui doivent se soumettre à ceux qui ont le pouvoir politique ou de l’argent ou qui sont physiquement plus vulnérables et qui redressent l’échine, en réaction à l'injustice. Les éléments de la grande histoire n’étant qu’un prétexte à cette histoire qui se déroule à la haute ville et à basse ville Québec. Une histoire simple et efficace avec un clin d'œil au Manifeste du FLQ, à René Lévesque, cigarette au bec, qui recrute dans la rue ses futurs députés... 

Ce que j’ai aimé : Le découpage de l’histoire et la qualité graphique. Les références historiques.  

Ce que j’ai moins aimé : Certains raccourcis et la finale plutôt abrupte.


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Daniil et Vanya (Marie-Hélène Larochelle)


Marie-Hélène Larochelle. – Daniil et Vanya. – Montréal : Québec Amérique, 2017. – 283 p.
ISBN 978-2-7644-3282-2

Thriller psychologique






Résumé : Un couple fortuné de designers de Toronto, Gregory et Emma, décide de se tourner vers l’adoption internationale à la suite d’une grossesse avancée interrompue qui ne leur permet plus d’espérer un autre enfant. Après une évaluation de leur environnement familial, on leur annonce qu’un enfant les attend Russie. Ils partent à l’aveugle et, à leur grande surprise, on leur remet sans complexité administrative des jumeaux en très bas âge. Le retour en avion est pénible compte tenu de l’état de santé des deux garçons prénommés Daniil et Vanya.

Les mois et les années passent et les enfants qui, jusqu’à l’adolescence, sont de moins en moins identiques, ont des comportements inquiétants et excessifs. Ce qui a des conséquences néfastes sur la vie quotidienne de la petite famille. Il est évident qu’ils n’aiment pas leurs nouveaux parents et particulièrement Emma qui a abandonné sa carrière pour s’occuper, en vain, de leur développement. Eux qui ont des problèmes de relations avec d’autres enfants de leur âge, s’isolent, fuguent, commettent des méfaits...  Qui sont ces garçons qui semblent avoir décidé dès le premier jour où ils ont fait la connaissance de leurs nouveaux parents à rejeter ce lien familial?  

Commentaires : J’ai beaucoup aimé ce premier roman de Marie-Hélène Larochelle, spécialiste de la violence dans la littérature contemporaine et enseignante à l’université de York. Tout y est très crédible et je m’y suis accroché dès les premiers chapitres. On sent qu’un drame se prépare dans l’univers du couple Gregory et Emma : dès leur arrivée en Russie et sur le vol de retour. Et ces enfants soudés l’un à l’autre qui ne parlent pas : il est indéniable que cette image marque le lecteur. L’auteure sait aussi entretenir le mystère et un certain climat de tension au fur et à mesure qu’elle raconte l’histoire de cet échec dans l’adoption de deux enfants dont ils ignorent tout de leur origine biologique. Les déboires du couple s’accumulent et s’amplifient au point où le lecteur a hâte de comprendre les origines de cette tragédie humaine. Et on s’attend au pire. En ce sens, le suspense est très bien entretenu, et ce jusqu’à la toute fin du roman où la vérité éclate au grand jour avec les conséquences qui en découlent. Quoique certaines questions restent sans réponse.

Ce que j’ai aimé : La forme du récit (Emma qui raconte) qui donne aussi la parole aux jumeaux, dans la dernière partie. La qualité d’écriture.

Ce que j’ai moins aimé : -

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